Chronics and Co

De la musique avant toute chose.

30 octobre 2006

Grizzly Bear (1ère partie Mai), concert au Nouveau Casino (Paris) - Lundi 4 Septembre 2006

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Récemment signé sur le label tête-chercheuse Warp, Grizzly Bear est un groupe qui semble vouloir réinventer la pop, à l’instar d’Animal Collective ou Coco Rosie.Depuis qu’on les avait découverts au Point Ephémère en mai dernier, on savait qu’ils avaient préparé un tout nouvel album Yellow House, aujourd’hui dans les bacs, et qu’ils avaient fait une prestation remarquée à la Route du Rock. Devant un public plus ou moins attentif, les New-Yorkais débutent leur show avec un morceau rageur qui semble se développer à la manière d’un serpent déroulant son corps. C’est donc ça, le nouveau son de Grizzly Bear ! Une tendance à étirer les morceaux pour les faire s’évanouir sous des voix éthérées et noyées sous la reverb. Car les 4 musiciens de Grizzly Bear sont des fins artisans qui brouillent les pistes et proposent une improbable rencontre entre Simon & Garfunkel, The Electric Prunes et Interpol. Menés par un batteur machiavélique et un guitariste émérite, ces gars-là font une musique tendue et atmosphérique, mais, erreur de jeunesse sans doute et au nom d’un incessant désir d’expérimenter, le groupe contourne ou semble hésiter à délivrer ses mélodies les plus pop et les plus accrocheuses, accouchées sur disque (Fix it, Don’t ask). Ca passe la plupart du temps, mais ça casse aussi, et l’ennui pointe sa mâchoire surpuissante. Après un show qui aura malgré tout frôlé le sublime à plusieurs reprises, votre humble serviteur quitte le Nouveau Casino, un poil déçu mais serein quant à l’avenir de ces jeunes scientifiques du son. Autour de moi, comme tout au long du concert, on entend le blah-blah grinçant des professionnels de la profession, avides de petits groupes qui montent, de hype, mais encore plus avides de frime et d’exposition. Au diable !

 

http://www.ilovemai.com
http://www.grizzly-bear.net


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14 juin 2006

Guillemots, concert à La Boule Noire (Paris)

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Un lundi étouffant du mois de juin. La Boule Noire, petite salle parisienne, réputée pour accueillir les événements musicaux avant tout le monde. Guillemots, jeune groupe anglais encensé par la presse britannique, responsable d’un premier mini-album aussi exceptionnel qu’inattendu, « From The Cliffs », sorti le mois dernier. Pour un premier concert dans la capitale, le charismatique Fyfe Dangerfield (chanteur, claviériste) et sa troupe ont montré à la petite centaine de personnes présente ce soir ce que le mot « pop » veut dire en 2006. Déboulant sur scène avec fracas (cacophonie de percussions, hurlements de guitare et synthés orgiaques), Guillemots possède l’originalité, les chansons, le style et une énergie qui n’est pas sans rappeler le phénomène Arcade Fire. Toujours enclin à savourer chaque instant en compagnie d’un auditoire régalé, Fyfe Dangerfeld, tout de rouge vêtu, s’amuse à communiquer en français entre les chansons et quand le tubesque « Trains To Brazil » démarre, c’est l’explosion. Avant même d’en arriver au final ahurissant où cuivres, synthés et guitares s’amourachent jusqu’à la rupture, on aura eu le temps de se délecter de la mélodie (« it’s one o’clock on a Friday morning… ») et de la rythmique pop impeccable de  Aristazabal Hawkes et Greig Steward, respectivement contrebassiste et batteur. Tout juste le temps de reprendre ses esprits que Fyfe se retrouve seul sur scène (ayant auparavant pris soin de siroter un cognac), un mini clavier en main dans la pure tradition Bontempi, entonnant une chanson a capella derrière des petites notes délicates flirtant avec le céleste. Deux rappels plus tard, la compagnie quitte la scène sous l’acclamation d’un public parisien secoué. L’adhésion est totale. 

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05 juin 2006

Morning Wood, concert au Paris-Paris (Paris) - Vendredi 3 juin 2006

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Le Paris-Paris, haut lieu de la culture branchouille parisienne. Défilé de mannequins, beaux gosses, rock new-yorkais à bloc dans les baffles. Ce soir, on est 100% dans le coup… Arrivée à 22h30, le temps de siroter très doucement une bière de luxe (considérant le prix…), les new-yorkais de Morning Wood débarquent sur la petite scène du club pour une première en France. Premier titre et déjà, c’est l’alarme. Le volume sonore est difficilement supportable et le rock puissant des américains crache plus qu’il ne retient l’attention. Poseurs, Morning Wood est un cliché ambulant : chanteuse mentalement atteinte, guitariste look Guns’N’Roses sans la permanente, bassiste années 80 et batteur mexicain avec une jacks en guise de cerise sur le gâteau. Bien sûr, le rock exposé est parfaitement en règle, flirte avec celui des Yeah Yeah Yeahs et Chantal Claret, chanteuse timbrée, fait tout ce qu’elle peut pour scotcher son monde (elle ira jusqu’à maltraiter un cheval en peluche). Rien de plus, on s’échappe vite et on prie juste pour ne pas avoir perdu une oreille au passage car des concerts, et des bons sacrebleu, on en attend un paquet pour cet été.

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18 avril 2006

Calexico, concert à La Maroquinerie (Paris) - Mardi 4 Avril

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Le jour même où sort son nouvel album, Calexico est de passage à Paris, à la Maroquinerie, où une belle armada de fans (la salle est archi comble) attend impatiemment le retour des arizoniens. Attendus, oui, car depuis 1995 (année de la création du groupe), Calexico a réussi à imposer un style, créer une passerelle entre deux pays voisins que tout semble opposer : les Etats-Unis et le Mexique. Plus qu’un lien, Joey Burns et ses cinq compères de Tucson ont décidé de nous convier à un mariage où l’on prend plaisir à voir se mêler folk, americana, country et cette saveur bien connue qui porte le nom de mariachi. Par moments, on ferme les yeux, on ose croire l’impossible, on voit un Bob Dylan sortant de son folk traditionnel, flirtant avec une bande de mexicains armés de cuivres. Puis on rouvre les yeux et l’on voit Burns prit dans un solo frénétique, déstructuré, à la limite d’un post rock bringuebalant. Alors que tout s’emballe progressivement, sous un déluge de trompettes, la salle se transforme. On se retrouve avec un sombrero imaginaire sur la tête, prêts à remuer ses hanches sur un zocalo (nom donné à la place principale de chaque ville mexicaine), lui aussi imaginaire… Après ce moment d’euphorie, c’est sous l’impulsion de son leader que Calexico entame une improvisation sous couvert d’un blues qui amuse la foule et Burns, qui prend un malin plaisir à faire durer cette petite pièce, anecdotique, mais qui montre un groupe parfaitement à l’aise, prêt à défendre les nouvelles chansons de Garden Ruin, son nouvel album. Bien insérées avec les plus anciennes, on se rend compte que la folie exploratrice des arizoniens est moins présente mais le plus réjouissant dans l’histoire, c’est le songwriting. Très inspiré, délicat, on ose même la comparaison avec Love et lorsqu’ils nous gratifient de la reprise de Alone Again de Love, on exulte. Cerise sur le gâteau, ils reprendront ensuite le Guns Of Brixton des Clash avec la complicité d’un public conquis prêt à crier à qui veut l’entendre : Que Viva Calexico !

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06 avril 2006

Gravenhurst, concert au Café de la Danse (Paris) - Dimanche 5 Mars

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On retrouve ce soir au Café de la Danse celui qu’on peut aisément surnommer ‘le premier de la classe du rock indé’ : Nick Talbot, alias Gravenhurst.

Avec son dernier album ‘Fire in Distant Buildings’, ce songwriter originaire de Bristol, au look d’informaticien mormon, a invoqué mieux que quiconque le fantôme de Slint, groupe fondamental, auteur de l’album-manifeste du post-rock ‘Spiderland’. Le tour de force de Talbot aura été de coupler aux mélodies décharnées de Slint son talent de chanteur folk et sa voix hantée.

Avant Gravenhurst, le public, impatient, écoute la musique sombre et intemporelle de Espers, communauté hippie de Philadelphie, qui délivre 4 ou 5 chansons de près de 10 minutes, tissées d’arpèges de guitares folk et de solos électriques, mais qui peinent à emballer, tant la monotonie surplombe les efforts des musiciens.

Pour transcrire la violence de son dernier opus, Talbot s’est adjoint les services dévoués d’un batteur déguingandé et d’un bassiste au charisme d’une mouche. Dès la première note de ‘Down River’, ouverture du concert et aussi de l’album, difficile de détourner les yeux de la figure de Nick Talbot, guitariste d’une rare élégance, qui crée de ses 10 doigts des moments de grâce, comme savent le faire Stephen Malkmus ou David Pajo (Papa M).

Pour cette dernière date de la tournée, le groupe est à son paroxysme de cohésion, et ce concert assez court ne souffrira d’aucune perte de vitesse, contrairement au concert donné l’hiver dernier au Triptyque.

Pour ‘Velvet Cell’, single alliant classe et rage nirvanesque, le public, chaleureux et attentif, toujours plus nombreux à chaque venue du groupe, se presse vers la scène, pour goûter la tension palpable dans la salle, et assister au déploiement de tout ce que la formation power-trio permet en terme de liberté et de puissance. On se souvient alors de Hendrix, enfin libre au milieu de son ‘Band of Gypsys’.

Pour le dernier quart d’heure, Talbot reste seul sur scène, armé d’une Telecaster, et devant un parterre de fans en communion, il retourne à son folk aux accents traditionnels.

Il présente une chanson ‘horrible’ de l’ ‘adorable’ groupe Husker Dü. Il s’agit de ‘Diane’, racontant un viol du point de vue du violeur, chantée de façon si tendre que le trouble est à son comble.

Le concert est fini, on reste bluffés par tant d’efficacité, de classe et de rage contenue. Et s’il repassait demain, on y retournerait. Viva Gravenhurst !

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03 avril 2006

Mattafix, concert à l'Elysée Montmartre (Paris) - Mardi 28 février 2006

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Quand Mattafix pénètre sur la scène de l’Elysée Montmartre, c’est une espèce de bronca qui envahit l’espace. Enthousiaste à l’idée de terminer leur tournée par cette date parisienne, le duo londonien est accueilli par un public complètement acquis à sa cause et plus qu’enclin à savourer chaque instant de ce mix. Accompagnés d’un vrai backing band, cette configuration scénique a de quoi emballer la masse. Un son bien présent, des musiciens bien calés sur le base électro émanant du laptop de Preetesh Hirji. Dès les premières secondes de « Big City Life », premier single en rotation lourde sur les radios, c’est l’engouement général et du pain béni pour les fans qui connaissent le morceau par coeur et n’hésitent pas à se trémousser sous l’impulsion de Marlon Roudette, chanteur et songwriter du projet. Séducteur souriant et toujours disponible pour manifester son bonheur d’être sur scène, il parvient à alterner habilement chant, piano électrique et un d’instrument peu répandu dans la musique  pop, le steel drum (littéralement « tambour d’acier »). Cette drôle de percussion en forme de saladier sort des sons qui se rapprochent des marimbas ou du xylophone. Le chanteur en fait un usage rituel, à la fin de quelques chansons, comme pour lui rendre hommage, les deux étant originaires des mêmes terres, dans les Antilles. A cheval entre le la soul, la pop, le hip hop et même le reggae avec le très peaceful « Cool Down The Place », Mattafix attire l’attention par cette fusion et surtout par la complémentarité de ses deux créateurs, des créateurs qui ont trouvé un compromis intelligent, naturel, efficace, celui qui fait naître des choses dites « originales ». Après deux rappels montrant un indéniable lien entre le groupe et son public, Marlon Roudette reviendra seul sur scène pour reprendre à l’acoustique le désormais classique « Big City Life » avant d’être rejoint par le reste de la bande pour des adieux touchants : déclarations, accolades et espoir d’un monde meilleur.

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10 mars 2006

Joseph d'Anvers + Cyrz, concert à l'Européen (Paris) - Mardi 28 février

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C'est avec une légère méfiance que je pénétre dans la salle de L'Européen, ce soir. En effet, comment appréhender ce jeune chanteur adoubé par Miossec, mais dont l'album a été produit par un membre des Valentins, à l’instar de la tiède Pauline Croze ?

Entrons dans la salle. Cyrz, seul avec sa guitare classique, chante doucement dans le micro. Le public rit parfois, les paroles sont, dirons-nous, drôles et mignonnes et on pense inévitablement à Mathieu Boogaerts. Le public, bon-enfant, écoute attentivement et rit parfois. On attendra la version live avec groupe pour savoir quoi penser du talent du jeune homme.

Avant l’entrée en scène de Joseph D'Anvers et de ses musiciens, s’élève une musique atmosphérique et une phrase, en boucle, se fait entendre : 'A trop regarder les choses en face on finit par devenir aveugle' : une façon de se déclarer chantre de la lucidité après qu'un certain Dominique A (dont l'ombre de corbeau majestueux planera tout le long de la soirée) se soit auto-proclamé ironiquement 'le chantre du murmure' ?

Joseph d'Anvers, arborant un t-shirt des Black Keys, entame les premières notes de 'A contretemps', premier titre de l'album 'Les Choses en face'. La voix est superbe, posée, parlée, on pense à Daniel Darc sur le sublime 'Crêve-Coeur'. Le groupe joue bien, les orchestrations rendent parfois passionnantes des chansons pourtant assez linéaires. Grâce au talent de ses musiciens, en particulier Jean-Charles Versari (issu du grand groupe que fut Les Hurleurs), D'Anvers a du panache.

Le public de l'Européen est conquis, mais calé dans son fauteuil rouge, il râle quand les (jeunes) gens dans la fosse se lèvent, il veut continuer à regarder son DVD vivant, et d'Anvers, jeune garçon trop poli (il dédie une chanson à ses parent présents dans la salle), ne demande pas au public de se lever. Alors qu'il est évident que ce type, qui fait allusion au récent concert parisien des Arctic Monkees, vient du rock et veut clairement se placer dans cette lignée.

Malgré ce problème de positionnement, c’est un examen réussi pour le baladin de Pigalle, qu’on sent plus proche de dEUS et de Françoiz Breut que de Carla Bruni et autres vieux-jeunes qui encombrent le cœur des bobos de l’hexagone, et auxquels il risque d’être assimilé.

Mais soyons confiants : le meilleur est à venir.

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20 février 2006

Encre +The Patriotic Sunday, concert au Nouveau Casino (Paris) - 25 janvier 2006

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Au Nouveau Casino, en ce froid mercredi de fin janvier, deux groupes qui ont un point commun évident : l'exigence. D'abord, The Patriotic Sunday. Projet solo du nantais Eric Pasquereau, ses compositions, complexes et délicates, rappellent la mélancolie de Leonard Cohen et la précision du post-rock de Slint. Ce soir-là, il s'agissait de son premier concert en compagnie d'un batteur et d'un second guitariste. Derrière les musiciens, un immense écran projette des photos, montrant le plus souvent une femme perdue dans une ville inconnue. Dans ses textes, The Patriotic Sunday fait retentir des noms de femmes et il raconte des rencontres, des souvenirs d'adolescence. Ici, la complexité des chansons reflète la complexité des rapports humains. Pour clôturer un set fin et habité, Eric reste seul sur scène et balance une version presque bossa de 'Billy Jean', ajoutant ainsi un autre nom féminin à la mythologie passionnante de The Patriotic Sunday.

La prestation de Encre ce soir-là coïncidait avec la sortie d'un CD live intitulé 'Common Chord', enregistré entre 2002 et 2004. La dernière fois qu'on avait vu Encre live, c'était au Point Ephémère un an auparavant, pour un concert impressionnant de maturité et de rage contenue. Tenter de décrire la musique de Encre, c'est comme décrire un tableau de Francis Bacon : une tentative irrémédiablement vouée à l'échec, puisque le but de Yann Tambour - l'homme qui se cache sous ce nom - c'est de brouiller les pistes, comme l'ont fait des gens comme Tricky ou Mark Hollis. Accompagné de 4 musiciens talentueux, issus de la constellation Active Suspension/Clapping Music, Yann Encre crée un son hanté qui rappelle le post-rock de Chicago (Slint, The For Carnation) et sur lequel il déclame d'une voix monocorde des textes en français violents et crus. Malgré, par moments, un son brouillon et un chant trop déshumanisé, le groupe reste impressionnant de cohésion et d'originalité. On regrettera cependant une attitude légèrement distante vis-à-vis du public, on voudrait plus de générosité envers le public, surtout lorsqu'un rappel est demandé.

Cette soirée au Nouveau Casino, c'est donc une révélation à suivre de très près avec The Patriotic Sunday, et la confirmation d'un talent unique sur la scène française avec Encre.

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12 février 2006

Richard Ashcroft, concert dans les studios RTL2 (Paris) - 7 février 2006

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Quelques jours après la sortie du très bon « Keys To The World », Richard Ashcroft vient nous mettre l’eau à la bouche pour ce concert privé, en amont d’une prochaine tournée dans l’hexagone. C’est dans le studio de RTL 2 chez Zegut que l’ex-patron de The Verve propose à la quarantaine d’invités présents ce soir, un melting pot de chansons puisées dans son répertoire solo mais aussi dans le désormais culte « Urban Hymns » de The Verve, son éternel fond de commerce... Très classe, dans une lad attitude que Liam Gallagher aurait apprécié, il arrive avec ses quatre musiciens, dont un saxophoniste et flûtiste, pour un « Keys To The World », morceau éponyme du nouvel album, qui nous rappelle ce pour quoi nous sommes venus ce soir : un concert rock, une voix désormais mythique et un charisme manifeste. « Science Of Silence » issu des sessions de son deuxième effort, le psyché et limite grandiloquent « Human Conditions », suit et l’audience semble ravie, surtout ce gars, au premier rang, se bouchant les oreilles… Avait-il omis que les concerts de Mad Richard sont rock, électriques et que niveau saturation guitare, forcément ça envoie. Ashcroft, très amusé par la situation, vient avec un certain humour mettre ses mains autour des deux précieux organes du monsieur visiblement impressionné, avant de lui baragouiner quelques mots et … lui refiler deux boules Quiès. Passons l’anecdote, Richard annonce que la prochaine chanson sera plus cool et en effet, « Music Is The Power » est plus tranquille mais attention, tranquille ne signifie pas dénué de toute euphorie. Ashcroft chante avec passion et cœur et croit dur comme fer à ses morceaux. Quasi religieux. Après un « Lucky Man » accompli, que tout fan est en droit d’attendre, « Sweet Brother Malcom », le vingt quatre carats de son nouvel album, prend aux tripes et laisse rêveur, surtout quand on jette un œil vers le manche de la guitare du bonhomme, deux voir trois accords maximum. Pareil pour le très rock et très réussi « Why Not Nothing », un ré suivi d’un sol, tout le long du morceau. Clin d’œil aux techniciens de la six cordes… L’excellente prestation que nous a livré Richard Ashcroft se clôture par le classique « Bittersweet Symphony » dans une version alternative, blues rock, qui  fait mouche tout à fait logiquement. On attend avec impatience la date du prochain « vrai » concert parisien du lad de Wigan.

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07 février 2006

Clap Your Hands Say Yeah, Black Sessions (La Maison de la Radio - Paris) - 31 janvier 2006

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Tout peut arriver. Internet et tout cet étalage d’informations, les blogs et autres surfaces d’échange de fichiers… Prenons l’exemple de ce groupe au nom étrange qui, il y a à peine huit mois, vendait sa galette sur le net sans les dollars de promotion et les commerciaux qui vont avec. Quelques semaines seulement ont suffi pour faire monter le buzz et déclencher une vague d’aficionados  venant de tous pays. Bien entendu, la France en fait partie et pour tout avouer, cette folie est loin d’être usurpée. Après un premier concert français aux dernières Transmusicales de Rennes qui n’a apparemment pas fait l’unanimité, les new yorkais débarquent à Paris pour la mythique black session de Lenoir sur France Inter. Avec la nonchalance d’une troupe de vieux chats de gouttières, Alec Ounsworth et sa bande commencent à dérouler leur tapis de rock songs et d’emblée l’attention se porte sur la voix. Cette voix nasillarde qui, malgré son errance et son imprécision, offre une incroyable authenticité aux chansons et des mélodies qui laissent béat. Oui, ça faisait longtemps que le rock ne nous avait pas offert un tel choc (hormis un certain groupe de Montréal…) et on redemande du « Heavy Metal », chanson qui n’a pu malheureusement pas atteindre l’excellence dont elle fait preuve sur le disque (le son est brouillon dans le studio 106 ce soir). L’extraordinaire « In This Home On Ice », morceau de bravoure de leur premier album, procure ce genre de sensations dont tout homme aime à se délecter : un mélange entre frissons, admiration et la fameuse part de rêve qui va avec. Alors oui, on se laisse déborder et même si ce soir les Clap Your Hands n’ont pas réalisé ce que l’on pourrait appeler « leur plus grand concert », il y a fort à parier qu’en ce dernier jour de janvier 2006, les quelques dizaines de chanceux présents ce soir ont assisté aux débuts d’un futur phénomène. Applaudissons et acquiesçons.

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